Rédaction : une des principales conséquences de la crise financière est représenté par la croissance du taux de chômage. Compte tenu de votre expérience pouvez-vous nous dire quelles sont les domaines d’activité les plus affectés et quelles sont les solutions que A.M.O.F.M. Bucarest entrevoit pour diminuer les effets du chômage
Dumitru Pelican: il est vrai que le taux de chômage a augmenté en Roumanie (de 3,7% en 2008 à 5,3% en 2009); toutefois cette croissance n’est pas significative si nous la comparons au niveau moyen de chômage en Europe : 7,8% ou au taux moyen de chômage en Espagne par exemple de 14%. On peut s’attendre que dans un proche avenir le nombre de chômeurs augmente (par rapport à la population active); nous considérons que cette croissance se fera par étape et pas dans une explosion avec des effets immédiats.
Parmi les domaines les plus affectés du chômage on peut citer celui de la construction, le domaine immobilier, le domaine de l’industrie légère, l’agricultuire et pas le moindre : le secteur automobile.
Rédaction : depuis le début de l’année 2009 l’A.N.O.F.M s’est impliquée dans l’organisation de la Bourse du Travail. Quels sont les domines offrant la plus grande absorption? Quels niveaux de préparation sont nécessaires pour accéder aux offres ?
Dumitru Pelican : avec l’équipe de l’A.M.O.F.M. Bucarest, je m’occupe de l’organisation de la Bourse du Travail depuis 2001; c’est pourquoi je peux vous présenter de façon comparative l’évolution de la demande d’emplois sur le marché de Bucarest. Si jusqu’en août – septembre 2008 on pouvait parler d’un déficit d’emplois, Les Bourses étant très sollicitées (22.000 offres /semaine), maintenant, en 2009, le nombre d’offres d’emplois a été divisé par 2. Les plus nombreuses offres d’emplois ont été dans la construction (qu’il s’agisse de travailleurs non qualifiés, qualifiés que de diplômés ex. ingénieurs), le domaine agricole, le domaine hôtelier - HORECA (cuisiniers, serveurs, etc.), et le domaine médical. Comme une grande partie de ces domaines ont été affectés particulièrement par la crise financière, le nombre des offres a chuté. Pour autant le nombre d’offres dans le domaine médical s’est maintenu, la Roumanie ayant un déficit de cadres spécialisés. Le moins d’offres se constate dans les domaines des diplômés en histoire, géographie, philologie.
Rédaction : quels sont les régions les plus affectés par le chômage ? Peut-on parler dans ce contexte de migrations internes de travailleurs ?
Dumitru Pelican : les régions les plus affectées par le chômage sont (selon les statistiques réalisées) Le département de Vaslui avec un taux de 11%, Dolj avec 10%, Mehedinti avec 9%. De même, une croissance du chômage se ressent dans les départements de Cluj (3,5%) et Timis (3,7%). Etant donné que Bucarest est une ville qui jusqu’à présent a connu un développement économique significatif, le taux de chômage est pour le moment relativement bas (1,72% , 18.500 personnes pour une population de 1.080.000). Pour ce qui concerne la migration celle-ci n’est pas significative; même si elle tend vers une migration vers les zones offrant un nombre plus grand d’emplois, car celle-ci est bloquée par le prix des loyers que cela implique (loyers, entretiens, transport etc.).
Rédaction : autant la crise que ses conséquences, des phénomènes se ressentent au niveau global. Un des effets de cette globalisation est représenté par le retour de travailleurs (qualifiés ou non) en Roumanie. Le marché roumain du travail est-il capable d’absorber ce flux de population active ?
Dumitru Pelican : en dépit des articles apparus dans la presse, le nombre des travailleurs de retour dans le pays n’est pas important par rapport aux nombres de personnes actives qui ont décidés de travailler en dehors du pays – on note 2.000.000 de personnes qui travaillent à l’étranger.
Nous disposons d’informations situant approximativement à 1500 personnes, qui ne se sont pas inscrites d’ailleurs dans nos bases de données, qui seraient revenus en Roumanie ; il est probable que ces personnes bénéficient d’indemnités chômage dans le pays où ils ont été employés légalement.
Le retour de travailleurs ne doit pas être considéré comme un problème qui va supra solliciter la marché du travail - quoi que je ne puisse me prononcer sur sa capacité d’absorption ; se pourrait être un bénéfice pour nous car ils sont qualifiés, avec expérience, fait qui améliorerait la compétitivité et la qualité des services dans différents domaines.
Rédaction : considérez-vous que dans le contexte économique actuel (taux élevé de chômage, blocage économique, un niveau de production en baisse, etc.) le travail temporaire et les services d’intérim représentent une solution viable pour els entreprises ?
Dumitru Pelican : ne pouvant connaître l’évolution de la crise économique, je crois qu’on ne peut plus parler dans les mêmes proportions, si on se réfère aux années précédentes, de contrats à durée indéterminée. Je ne vois aucune honte à accepter comme professionnels de différents secteurs, que ce soient des contrats à durée à condition que ce soit fait légalement et que les charges soient payées à l’état ; si ces contrats ne s’étendent pas sur une longue période de temps on peut toutefois bénéficier des indemnités de chômage.
Je ne considère pas qu’en ce moment il y ait beaucoup d’employeurs disposés à effectuer des contrats çà durée indéterminée; je crois que la grande majorité va se tourner vers les contrats à durée déterminée avec possibilité ultérieurement de prolongation en fonction de la marche de l’entreprise.