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Interview avec Monsieur Ilie Dumitrescu, propriétaire de la gallerie d’art « Hanul cu Tei » (l’Auberge aux Tilleuls)

site internet : www.hanulcutei.ro

 
 
 

Rédaction  : Bonjour, parlons un peu de votre activité de footballeur et ensuite de celle d’entrepreneur.

Ilie Dumitrescu  : En ce moment, je suis entraîneur en Grèce. J’ai repris une équipe grecque au mois de février 2006. Au moment respectif on était loin de l’objectif proposé. Avec beaucoup de travail, d’ambition, avec un bon jeu, nous avons réussi à nous qualifier pour une place pour la Coupe UEFA. Bien sûr, sur la première place c’est ma carrière dans le domaine du football. Mais, pendant les vacances, dans mon temps libre, je viens en Roumanie, me décontracter, me détendre dans la gallerie d’art « Hanul cu Tei ». A présent, cette gallérie est gérée par des gens ayant une riche expérience dans le domaine de l’art et de la culture, des gens qui ont travaillé ici depuis 25 ans.

Pour être sincère avec vous, tout a été un simple hasard. Moi, je souhaitais beaucoup investir dans le centre historique de Bucarest. Je suis un fan des bâtiments de style, de l’architecture remarquable et nous, les Roumains, nous pouvons être fiers avec des immeubles de ce genre.

En rentrant en Roumanie il y a environ 2 ans, je me suis proposé à investir et quelqu’un m’avait montré cet endroit. C’était un coup de foudre. Toute de suite, je me suis décidé à acheter. Après le transfert des actions, je suis devenu actionnaire unique. Je n’ai rien voulu changer. C’est un bâtiment solide, fort, résistant, qui n’a pas besoin de modifications ou de consolidations. C’est un grand espace, d’environ 1500 m2 dans le centre historique. Pratiquement, j’ai laissé l’activité se dérouler. Je n’ai pas changé le rôle de cet immeuble et de cette affaire. Je suis sensible à tout ce qui concerne l’art.

Rédaction  : Vous êtes une personne passionnée par le football. Il vous a fallu beaucoup d’ambition. Croyez-vous que vous serez aussi passionné par l’art ?

Ilie Dumitrescu  : Pour faire une carrière sportive, il faut beaucoup travailler, il faut faire des efforts et des sacrifices pour dépasser les performances antérieures.

Je suis convaincu que l’art et le football ne sont pas deux catégories ou métiers proches. Mais le football est devenu une vraie industrie, il est suivi par des personnes politiques, par des hommes d’art et de culture etc. Donc, on peut considérer le football un art mais à un niveau moins élevé.

Moi, je suis sensible à l’art, il y a quelques années, avec ma femme Letitia, nous avions commencé des leçons de peinture, mais dû au programme chargé, j’ai été obligé à renoncer. Mais j’ai toujours admiré un beau tableau. Il faut lire beaucoup, il faut aimer, il faut être sensible.

 

Rédaction  : Vous vous êtes formé sous le régime communiste, mais vous avez voyagé, vous avez vu le monde. Croyez-vous que vous représentez une nouvelle catégorie d’entrepeneurs en Roumanie ?

Ilie Dumitrescu  : Je ne sais pas si je peux dire que je forme ou je fais partie d’une certaine catégorie, mais je peux vous dire une seule chose : le football m’a tout offert et je ne peux pas vivre sans. Quand j’avais abandonné la carrière de sportif, ça m’a été très difficile, c’était comme un choc pour moi. Toute de suite, j’ai commencé à suivre les cours de l’école d’entraîneurs et j’ai obtenu mon diplôme. Je suis heureux et fier que peu à peu j’ai réussi à avoir aussi des performances en tant qu’entraîneur.

En ce qui concerne l’art, je n’ai pas voulu changer la destination et le but de cet immeuble. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui investissent dans l’art. Il y a pas mal de personnes très riches et si on visite leur maison, on ne voit aucun tableau, aucun objet d’art. C’est dommage. C’est dommage qu’en ce moment en Roumanie on ne mette pas l’accent sur l’art. Je ne fais pas des affaires trop importantes, j’ai 40 employés, ce n’est pas si facile. Surtout que peu à peu, les œuvres d’art, les meubles anciens etc commencent à disparaître. Mais « Hanul cu Tei » est plus qu’un nom, une notoriété. Chaque personne qui veut acheter ou vendre quelque chose vient dans cet endroit renommé.

J’ai commencé à acheter presque tous les objets de valeurs et j’espère, qu’après 2007, après l’intégration de la Roumanie dans l’Union Européenne, qu’on puisse considérer à un autre niveau tout ce qui signifie art, tout ce qui signifie qualité et beauté.

 

Rédaction  : merci Monsieur Dumitrescu

Propos recueillis par François Renaut et Bogdan Boboc