Une présence inédite dans le paysage culturel et scientifique de la Roumanie :
En l’an 20, à Bucarest a été créée une institution dotée d’un profil unique et assez rare en Europ et même dans le monde : le Musée National des Cartes et des Livres Anciens.
L’impulsion pour la création de ce musée est venue de la part du Premier Ministre de l’époque, Adrian Năstase, qui avec son épouse, Daniela Năstase, a donné à ce nouvel édifice culturel une riche collection de cartes, réunies pendant plus de 30 ans.
Dans un discours introductif, dédié à la présentation du Musée (Descriptio Romaniae, imprimé magnifiquement en 2004), Monsieur le professeur dr. Adrian Năstase explique les motivations qui soutiennent cette initiative : „Nous sommes convaincus que le livre va de pair avec l’aventure des connaissances et est un élément définissant la civilisation humaine, les moments de grâce et des tragédies. Exister par le livre signifie joie et fierté des identités, le cours normal de la naissance et de l’existence, l’affirmation d’une nation. Et, rien ne définie plus dramatiquement une catastrophe naturelle ou les horreurs de la guerre que son élimination des Livres. Après qu’elle soit absente du livre, cela équivaut à une énigme, à de grandes interrogations, à des mystères et par suite à de grandes provocations”.
En vérité, les cartes ont de tous temps signifié le témoignage des grandes découvertes géographiques, certaines d’entre elles élargissant de façon considérable l’univers des connaissances et influençant fortement l’évolution du monde changeant purement et simplement son cours.
Pour la première fois, le visiteur normal ou bien le chercheur désireux de résoudre un problème a la possibilité de se confronter à une collection de plus de 800 cartes et de vieilles gravures, relatant l’évolution des réalisations cartographiques sur l’ensemble du globe, inclunad bien évidemment le territoire roumain. C’est ainsi que l’on peut rencontrer, à côté des grands géographes et des historiens antiques tels Strabon, Ptolemeu ou Herodot, de grands créateurs de cartes de la Renaissance (Lorenz Fries, Sebastian Munster), allant jusqu’au „siècle d’or” de la cartographie hollandaise (Gerard Mercator, Abraham Ortelius) ou aux réalisations de Nicolas Sanson (1600-1667), créateur de l’école française de cartographie. Notons que, au cours du temps, avec le renforcement des exactitudes des cartes apparaît une amélioration artistique des éléments de leur composition, c’est ainsi que de nombreuses pièces du musée représentent de véritables créations qui doivent être déchiffrées et interprétées pour en comprendre leur signification culturelle, l’esprit de l’époque et de la société au cours desquelles elles ont été créées.
Il est donc vrai que l’on peut dire que la carte représente une forme de communication du plus grand intérêt, utilisant un ensemble condensé de signes et de symboles avec une grande capacité d’expression, un vrai « esperando » graphique, qui contribue à rapprocher et renforcer la bonne intelligence et la connaissance des hommes.
Comme le note Octavian Ion Penda dans la Préface de l’album mentionné plus haut, « les distances en temps et dans l’espace disparaissent et se soumettent aux pouvoirs de la pensée ». Nous voyons ce qui a été, ce qui est et ce va devenir une nation ou un groupe humain.