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VAMA VECHE : une destination de vacances pour les bohèmes

par Marilena Badea

 

La majorité des étudiants que j’ai connus, surtout ceux de France, aiment quelques endroits particuliers en Roumanie. Parmi ceux-ci, on peut énumérer dans la ville de Bucarest le « Club A » (le club de la faculté d’architecture) et la terrasse « La Motoare » (la terrasse située sur le Théâtre National de Bucarest), le Delta du Danube, la région de Brasov et bien sûr Vama Veche.

Vama Veche (le nom signifie « vieille douane ») est un village de Roumanie situé au bord de la Mer Noire, juste à côté de la frontière avec la Bulgarie, en dessous de Constanta. Malgré le fait que l’atmosphère de jadis disparaît peu à peu, chose qui est d’ailleurs inévitable, on voit encore quelques éléments originaux spécifiques : le camping directement sur la plage, les feux sur la plage et les nudistes.

Pendant l’époque communiste, Vama Veche était reconnue comme une destination touristique pour les touristes non-conformistes. Après les années ’89, elle est devenue de plus en plus attrayante pour ce type de touristes, surtout pour les intellectuels. Malgré cela, le régime répressif du dictateur Nicolae Ceausescu tolérait cet endroit à part. On dit que, pendant des années, l’entrée dans ce village se faisait en montrant le carnet d’étudiant, et 2 Mai, le village qui se situe à 5 km distance, c’était le coin des folies de la bohême bucarestoise.

Dans les presque 60 maisons peintes en bleu et blanc, la plus part de la bohème de Bucarest venait loger chez l’habitant : des écrivains, des artistes qui venaient à la recherche du « soi » dans un village qui n’était pas encore atteint par la « civilisation ».

Il y a quelques années, sur la plage de Vama Veche on ne trouvait que des tentes, quelques kiosques terrasses où on écoutait de musique de qualité. Même aujourd’hui, en grande partie, les personnes qui viennent ici sont les mêmes rébelles en quête de liberté, sans trop d’argent dans les poches, mais avec un pile de livres : les mêmes « hippies sales ».

Pour moi et pour d’autres personnes comme moi, Vama Veche est toujours un endroit où on écouté de la bonne musique, du jazz ou Jimmy Hendrix et où on peut danser sur le sable mouillé de la plage jusqu’aux aubes.

C’est l’endroit où on peut respirer encore un air rudimentaire, dans l’esprit de l’ancien village de pêche. C’est l’endroit ou les gens lisent encore, en buvant des verres et en écoutant de la musique. C’est l’endroit où les anciens de la plage, surnommés des « vamaïotzi », le groupe d’intellectuels et d’artistes, se réunissent encore, chaque an, toujours amoureux de la rusticité et du calme de Vama Veche d’antan.