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Vlad Tepes – alias Dracula – entre légende et vérité

par Prof Dr Ioan-Aurel Pop

 

Quelle relation peut il bien exister entre le Prince roumain Vlad Tepes et le Comte Dracula, célèbre personnage de fiction littéraire et cinématographique de plus d’un siècle déjà ?

A la fin du XIX ème siècle, l’écrivain britannique Bram Stoker, à la recherche de la gloire et sur le fond d’une atmosphère macabre due aux crimes de Jack l’Eventreur, et des scandales autour du comportement d’Oscar Wilde, publie son roman Dracula (1897), inspiré des histoires d’un de ses amis (professeur de l’Université de Budapest), concernant un prince fort cruel de Valachie, assoiffé de sang, selon les chroniques de l’époque beaucoup des actes sanglants et macabres ont été repris de la vie d’une comtesse hongroise Bathory - et qui de fait a vécu bien après notre prince valaque. De ces histoires, l’imagination de Stocker et de ses successeurs a tissé tout ce qui désormais a trait aux vampires et au vampirisme.

 

En réalité, vers 1450, la confrontation avec l’Islam, dont la fin approchait dans la péninsule ibérique,  était  à son apogée dans la région du bas Danube. Peu avant sa mort le grand héro autochtone d’origine roumaine, Iancu de Hunedoara précédemment gouverneur de Hongrie) a aidé, parait-il, à installer sur le trône du Pays Roumain (dénommée Valachie par les étrangers), le fils de Vlad Dragul, Vlad al III-lea Drăgulea (= le fils de Dragul), appelé par la suite Vlad Ţepeş (d’après les chroniques ottomanes) ou alors Vlad Dracula (selon les chroniques catholiques occidentales). Ce prince Vlad III (1456-1462), est parvenu en occident, héro de roman et de films fantastiques et sanglants, comme le prototype du vampire fut surtout un farouche combattant anti-ottoman en Valachie et non en Transylvanie comme on le prétend dans la légende.

La liaison avec la Transylvanie est une juste due au fait que notre héro est né à Sighişoara – importante cité médiévale du centre de Transylvanie – où sa famille vivait en exil. On le dit homme sévère, âpre et cruel avec la majorité de ses contemporains – se fâchant avec beaucoup de ses voisins – pas seulement les islamiques mais aussi avec les chrétiens.

Il a eu des relations tendus avec les saxons de Transylvanie qui bénéficiaient d’un régime commercial privilégié au sud des Carpates et qui abritaient, d’habitude, de nombreux prenants au trône du Pays Roumain, ennemis personnels de Vlad. Le prince a refusé de s’acquitter de la tribu consistant en enfants roumains, imposée des turcs pour l’armée du Sultan, s’élevant avec une rare violence contre les infidèles.

La peine encourue pour les ennemis du Prince, la plus courante, était l’empalement (méthode appliqué en Orient), qu’il appliquait lui-même, parfois aux chrétiens aussi. Dans les années suivantes 1461-1462, le prince roumain est passé avec son armée au sud du Danube, et a décimé les turcs et tués 23 809 infidèles, et a en brûlé 884 dans leurs maisons, comme l’écrit avec fierté la reine hongroise Matia Corvin.

Les ottomans aient terrorisés à l’idée que le roumain pourrait prendre Constantinople. Toute la Chrétienté, du Saint Siège en tête, le Pape était alors Pie II, et le grand humaniste Enea Silvio Piccolomini- pour louer les succès du prince Vlad, véritable héro au nom de la croix.

Après une telle offense, le sultan Mehmed II est parti – les sources en exagèrent le nombre – avec 200 000 soldats pour le punir. Vlad ne pouvait affronter directement une telle armée, mais harcelé les troupes du Sultan – tentant même de l’assassiner. Il a espéré le concours de la Reine Matia Corvin, mais celle-ci, influencée par les saxons de Transylvanie – a arrêté notre prince Vlad et l’a tenu captif en Hongrie plus de 10 ans.

C’est des saxons que provient – dit-on – le surnom de Dracula : car ceux-ci prononçaient „g” comme „c” et disaient au lieu de "Drăgulea" (fils de Dragul) "Dracula" (fils de Dracul); sachant qu’en roumain "drac" signifie diable et souhaitant lui faire mauvaise renommée ont accrédité l’idée que Vlad était „le fils du diable”

Une autre explication du nom de Dracula peut venir de l’Ordre des Dragons, dans lequel fut reçu le père de notre héro, par Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie et Empereur Romano-germain.               

Après sa captivité en Hongrie, c’est le même roi Matia qui va aider Vlad à redevenir prince – en 1476, ne régnant de fait que quelques mois, décédé dans des circonstances restées obscures. Conformément à la tradition, son corps repose au monastère Snagov, situé non loin de Bucarest, sur une île au milieu d’un lac.

Vlad Tepes est resté dans les consciences roumaines comme un héro chrétien, grand défenseur de la civilisation européenne et comme un symbole du droit. Ses actes légendaires parlent de sa violence mais aussi de son esprit de justice.

On dit qu’il n’avait pas de pitié pour les valeurs, les criminels et tous autres bandits, à qui il appliquait des châtiments cruels, de l’amputation des mains jusqu’à l’empalement. On dit encore qu’on pouvait laisser, à cette époque une bourse d’argent au bord du chemin sans que quiconque s’en empare ! De plu, les roumains lui doivent a capitale actuelle – Bucarest – mentionné pour la première fois comme cité – dans un document rédigé par Vlad Tepes lui-même.

L’occident a fabulé sur ce personnage, lui conférant une aura fantastique q’il n’a jamais eu. La fiction a son goût spécifique – mais le goût des hommes pour l’inédit, l’extraordinaire, voire le macabre est plus fort encore.

Il est certain que les étrangers associent souvent le nom de la Roumanie avec celui de Dracula et viennent dans les Carpates et dans le Danube pour visiter Sighişoara, Bucarest, Snagov, les cités Poienari et Bran, Tihuţa, le Monastère Snagov, certains lieux liés de ce personnage réel dénommé Vlad Drăgulea, d’autres lieux liés des contes du vampire Dracula…