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Voyageurs et explorateurs roumains méconnus (1850-1939)
par Ion CEPLEANU

 

 
 

Comme d'autres nations, les Roumains furent curieux du monde, qu'ils explorèrent de l'équateur presque jusqu'aux pôles. Des odyssées méconnues même en Roumanie où certains mythes tels "Maitreyi" occultent d'autres aventures... que nous allons (re)découvrir ensemble.

Ce thème s’inscrit dans un sujet plus vaste, qui est celui des aspects méconnus de la Roumanie. Dans toutes les histoires et les identités, la tendance est au mythe, plutôt qu’à la réalité scientifiquement démontrable. Il est vrai que cette dernière est parfois moins reluisante, mais il arrive souvent qu’elle soit plus intéressante, et, en tout cas, plus instructive !

Les aspects méconnus de la Roumanie pourraient être classés en deux grands ensembles : les réalités ignorées des Roumains eux-mêmes, et les réalités inconnues aux étrangers. Il existe un merveilleux florilège de clichés occultant ces réalités ; il vaut le coup d’être étudié, ne fut-ce que pour ce qu’il dévoile des enjeux sociaux, politiques, économiques et psychologiques qui gouvernent le destin des nations.

Le thème des voyageurs et explorateurs roumains appartient à ces deux ensembles simultanément, car à part Emil RACOVITZA en Roumanie (dont l’opinion ne connaît en général que le nom), les autres restent dans l’ombre, aussi bien en Roumanie qu’à l’étranger.

Il faut savoir qu’avant 1939 comme aujourd’hui, la Roumanie était partie prenante du processus de développement mondial et européen, sans hiatus, sans isolement à l’intérieur des frontières, sans destruction ni déstructuration sociale, culturelle et économique. Elle connaissait alors une structure politique et une évolution sociale semblables à celles des autres pays européens. Et elle était plus prospère, mieux alphabétisée et moins inégalitaire que l’Italie du Sud ou l’ouest de l’Espagne. De 1921 à 1938 elle fut une démocratie parlementaire. Tout cela aussi fait partie des réalités peu connues de l’histoire roumaine.

Et comme d’autres pays Européens, la Roumanie avait une Société de Géographie fondée en juin 1875, qui encourageait, finançait et publiait les explorateurs de l’époque. Elle cessa ses activités en 1942.

Je me suis limité à la période 1850-1939 car les périples du diplomate moldave Nicolae MILESCU au service du Tzar russe Alexeï, qui l’ont mené de Paris à Pékin en passant par Stockholm, sont assez connus grâce à ses nombreux ouvrages (dont un traité de théologie janséniste imprimé à Paris en 1669).

Chacun sait que le demi-siècle 1939-1989 était peu propice aux voyages d’exploration des roumains. Durant cette période, le seul explorateur d’origine roumaine qui a pu se mouvoir librement fut Ioan DRÄGESCU , du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, qui parcourut l’Afrique de long en large, appareils photo et caméra au poing. Ses innombrables images remplissent les livres animaliers français des années 50, 60 et 70. De Roumanie, seuls Mihai BÄCESCU , océanographe, et Nicolae BOTNARIUC, zoologiste, furent autorisés à participer exceptionnellement à des expéditions vers l’Afrique.

Après 1989, les frontières roumaines s’ouvrirent à nouveau et il suffit de lire les média roumains actuels, et notamment l’édition roumaine du National Geographic, pour avoir une bonne idée des nombreux explorateurs roumains d’aujourd’hui.

 

Articles en ligne (cliquez sur les liens)

Florica SAS (1826-1913)

Iuliu POPPER (1857-1893)

Emil RACOVITZA (1868-1947)

Dimitrie et Nicolae GHICA-COMANESTI
(1840-1899 et 1875-1921)

Sever PLENICEANU (1867-1924)

Basil ASAN (1860-1918)

Grigore STEFANESCU (1836-1911)

Franz NOPCSA (1877-1933)
Constantin CHIRU (1848-1933)
Constantin DUMBRAVA (1898-1935)

Mircea ELIADE (1907-1986)

Remerciements . Au Pr. Alexandru MARINESCU , que les téléspectateurs roumains connaissent comme "référent scientifique " de l’émission télévisée "Tele-Enciclopedia ", et les profs de Sciences naturelles et de Géo comme rédacteur en chef de la revue "Terra ", mais qui travailla toute sa vie au Muséum de Bucarest, et qui est à l’origine du livre "Cälätorii extraordinare " publié en 2001 chez CDPress.

PS . Qu’est-ce qu’un "critique germanopratin " ? C’est une personne qui a les moyens d’habiter à Saint-Germain des Prés, qui n’aime les films à histoires d’amour que si celles-ci finissent mal, qui n’apprécie l’humour que s’il est "grinçant ", qui trouve Disney "sirupeux " bien que ses dessins animés soient pleins de sorcières et de fureur, qui parmi les Marguerites préfère Duras la cynique à Yourcenar l’humaniste, parmi les éducateurs Piaget à Freinet, et parmi les psychanalystes Lacan à Dolto. Le "critique germanopratin " ne pardonne pas aux Américains d’avoir libéré la France, "préfère se tromper avec Sartre que d’avoir raison avec Aron ", et en veut davantage à ses parents et à son éditeur de n’avoir pas été marxistes, qu’à Staline et Mao d’avoir tué des millions d’innocents. D’ailleurs pour le "critique germanopratin ", personne n’est innocent, à part lui-même et, peut-être, les victimes de Hitler (les chambres à gaz sont si proches de nous, qu’il est difficile d’accuser les victimes de niaiserie ou de complicité passive). L’espèce, bien typée et facile à identifier par son comportement, son langage et son habillement, est présente parmi les Français de naissance à revenu supérieur à 40.000 euros par an et ayant dépassé la Maîtrise de Lettre, de Philo, de Droit ou d’Histoire. Mais son aire d’habitat est réduite : la plupart des représentants sont concentrés dans le périmètre des 4 ème, 5 ème et 6 ème arrondissements de Paris. C’est là aussi que se trouvent la moitié des cabinets de psychanalyse de la région parisienne.